dimanche, 02 septembre 2007
Messes
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Eglise
RESTAURATION DE L’EGLISE SAINT ZENY
Registre des Délibérations du 19 Janvier 1913
MM. Derrien F. Marie, Maire, Derrien Nicolas, Derrien J. Marie,Y. M. Gruiec, Joseph, Rolland Pierre, Le Béchec Guillaume
M. l’abbé Fleury fait son affaire personnelle des dépenses ... sans concours financier de la commune.
RESTAURATION
Le dimanche 2 Mars, M. l’Archidiacre Le Pennec, vicaire général, a présidé la touchante cérémonie de la bénédiction de la première pierre de la nouvelle église.
Le bourg de Trézény avait revêtu un air de fête. Le joli bouquet d’arbres qui entoure le cimetière était décoré de bannières et d’oriflammes. Des guirlandes de houx serpentaient d’un sapin à l’autre.
Le vent faisait claquer gaiement les drapeaux dans les arbres, à 10m de haut, et le soleil éclairait les respectables ruines de l’église de saint Zény, vieille déjà de plusieurs siècles, et qui va disparaître pour toujours, du moins dans son état actuel.
(Journal de Lannion, le 8 Mars 1913)
BENEDICTION DE LA NOUVELLE EGLISE DE TREZENY
La paroisse de Trézény est l’une des plus humbles paroisses du diocèse de St Brieuc puisqu’elle ne compte que 324 habitants. Mais elle a des qualités qui la rangent parmi les plus honorables et feraient volontiers dire d’elle ce que dit jadis un prophète en parlant de Bethléem : »Tu n’es pas la moindre de nos cités... ».
Son bourg également très modeste est perché au sommet d’un plateau d’où l’on aperçoit cinquante clochers et un magnifique horizon qui embrasse tout le pays de Tréguier, le canton de Lannion, le Goëlo avec la mer qui l’enrichit et, dans le lointain, à l’est, les forêts de Beffou et de Coat an Noz, les marches de Cornouailles.
Il y avait grande liesse, « Pardon » de la Bénédiction de la nouvelle église. Tout concourait à rendre la fête vraiment belle : un soleil radieux, la paroisse debout au grand complet, avec ses invités, la musique du petit séminaire de Lannion suivie du Supérieur et de plusieurs professeurs, un clergé nombreux, au milieu duquel présidait le délégué de Monseigneur l’Evêque, M. le Vicaire Général archidiacre de Tréguier.
Mais le pasteur de la paroisse, M. l’abbé Fleury, est lui-même le héros de la fête. Il a montré, dès son arrivée à Trézény, et bien souvent auparavant, le saint emploi qu’il entend faire de la fortune que ses parents lui ont laissée.
Par ses soins, le presbytère, sans rien perdre de son antique aspect a été rajeuni, remis à neuf. La vieille église de St Zény que l’on consolida tant bien que mal en 1777 menaçait ruine. La façade principale et le campanile refaits il y a quarante ans lui donnaient un dernier appui. M. Fleury s’est fait un devoir de la renouveler. Il a voulu en être l’architecte et confier l’entreprise des travaux à son compatriote, M. Toupin, de la Roche-Derrien.
Encouragés par l’exemple de leur pasteur, les paroissiens ont tous donné leur obole et ont pris à leur compte, les charrois des matériaux de construction. Le premier coup de pioche fut donné en Mars 1912, et voilà que déjà tout est parfaitement terminé. Bien que bâtie en peu de temps, elle est solide, pimpante et coquette la nouvelle église de Trézény.
Elle est de style roman, basse, comme les anciennes églises bretonnes, à une seule nef avec bras de croix dont l’un des plus spacieux a deux arcades de gracieux effet. Les fenêtres sont garnies de jolis vitraux qui donnent plus d’une leçon de choses, rappelant l’apparition du Sacré-Coeur, et la vie de Notre-Seigneur, puis des traits saillants de la vie de nos vieux saints, St Zény, St Brieuc, St Tugdual, St Efflam, Ste Pompée, St Yves, le Bienheureux Charles de Blois. On remarque à droite et à gauche du choeur deux élégantes sacristies et au centre de la façade midi, un porche de granit blanc que décorent les blasons de l’église disparue. Ces blasons avaient et gardent leur signification. A coté d’eux aujourd’hui il faudrait lire une inscription lapidaire : » Fait faire par D. Arthur Fleury, Recteur, en l’an de grâce 1913. J.M. Toupin Entrepreneur .»
Les paroissiens de Trézény garderont souvenance de la solennité du 21 Décembre. C’est avec une légitime fierté qu’ils virent leur jeune compatriote, Monsieur l’abbé Jégou, célébrer la Grand-messe. C’est avec émotion qu’ils entendirent le représentant de Monseigneur l’Evêque leur expliquer, après l’Evangile, d’une manière précise et claire les leçons qui découlent de la bénédiction d’une église. Les chants liturgiques exécutés en grégorien, les transportaient, disaient-ils, au delà de ce monde.
Au banquet qui suivit la solennité, deux compliments d’une exquise amabilité furent prononcés par M. le Recteur et M. le Vicaire Général, d’une part, des remerciements à Monseigneur l’Evêque et à son délégué, aux paroissiens, aux amis présents ; un témoignage aux parents défunts qui par leur travail préparèrent à leur fils les largesses qu’il répand autour de lui ; d’autre part, de vives félicitations à tous ceux qui collaborèrent à l’édification de l’Eglise et par-dessus tout au prêtre zélé qui en est le restaurateur.
Noël ! Noël à Trézény !
Noël ! Noël ! à M. l’abbé Fleury.
(Journal de Lannion 27 Décembre 1913)
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