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dimanche, 02 septembre 2007
TREZENY2
BIENVENUE A TREZENY, Trezeni pour les bretonnants,
petite commune rurale, près de la mer.
Village fleuri (Prix d’honneur 2002), 1er prix Trégor Goëlo de nouveau en 2008 et pour la première fois en départemental la commune a l’ambition d’être accueillante pour tous et particulièrement pour ses quelques 300 habitants.
Nos principaux atouts:
La tranquillité de la campagne.
Le voisinage de la mer , à 7 Kms environ.
Et néanmoins la proximité des villes de Lannion, Tréguier et Perros.
Comme le proclame notre slogan:
LE CHARME DE LA CAMPAGNE PRES DE LA MER!
TREZENI
Dictionnaire Historique et Géographique de BRETAGNE
par OGEE 1853
A 2 lieues(1) à l’O.N.O. de Tréguier, son évêché (aujourd’hui Quimper(2)), à 32 lieues de Rennes, et à 1l.3/4 de Lannion, sa subdélégation et son ressort(3). On compte 450 communiants, la cure est à l’alternative. Le territoire est exactement cultivé et renferme des landes peu étendues. On y connaît les maisons nobles de Ker-morvan, Kernaleguen, et Ker-meno.
Trézény : commune formée par l’ancienne paroisse de ce nom. -Limite N. Kermaria-Sulard, E. Coatreven, S. Lanmérin, O. Rospez.-Princ. vil. : Briellec-Bras, Briellec Bian, Guernalégan, Convenant-Kalic, Convenant-Keven, Prat-Isac, Kenduler, Kvennou, Kilis, Klineut, Pen-an-Coat, Goasally, Kangoff, Kgadiou, Saint Julien. Superficie totale 324 Hect 47a, dont les princ. div. sont Ter. lab. 210, prés et pât. 20, bois 3, landes et incultes 4, superficie des propriétés bâties 4, cont. non imp. 18, constr. div. 81, moul. 1. La route de Lannion à Tréguier passe dans la partie sud de cette commune, courant Est-nord-est à Ouest-sud-ouest. Il y a une chapelle dédiée à St Julien. Cette chapelle n’a pas de desservant salarié par l’état. -
Géologie : Schiste modifié par les roches feldspathiques(4) ; granite au nord. On parle le breton.
1 - Lieue, soit environ 4km
2 - En fait St Brieuc, bien sûr
3 - sa députation et sa juridiction
4 - roches magmatiques
TREZENY
Arr. Lannion ; Cant. Tréguier
Ev. Tréguier ; Par. ; égl. Saint Zény
Par. de Tresizni,1330 ; Tresezny, Trezesny,1395 ; Tresezny, fin XIVème s., 1437, 1481 ; Trezeny, 1731 ; breton Trezini.
Probable démembrement de la paroisse de Rospez, comme sa voisine Lanmérin, qui relevait avec elle du fief épiscopal des Régaires de Tréguier, la paroisse de Trézény est mentionnée dès 1330 : un de ses ressortissants figure au nombre des témoins ayant déposé au Procès de canonisation de Saint Yves. Déjà, en 1293, fondant une chapellerie en l’honneur de Saint-Nicolas, dans la cathédrale de Tréguier, l’évêque la dotait d’une rente sur les biens qu’il possédait en Lanmérin et Trézény : dans le secteur de Keramblouc’h un pré dit Praden-St ¬Nicolas, non loin d’un autre appel‚ Prat-an-Escop, semble en témoigner encore. Et en 1267, un accord entre l’évêque et le duc mentionne comme propriété épiscopale La Ville-Blanche (Villa Alba), enclave de Trézény r Formé avec le vieux breton treb « village », Trézény a pour éponyme saint Sezni. Patron de l’église, où attachée à Rospez en 1825, en échange du Briellec.
une statue ancienne le représente bénissant, en évêque mitré et crossé, il est par ailleurs celui de Guissény (Fin.), dont il est aussi l’éponyme, et d’une ancienne chapelle de Kerlouan (Fin.)
Saint Sezni ne nous est essentiellement connu que par une « Vie » tardive, encore n’est-elle qu’une adaptation de celle du saint irlandais Ciaran de Saighir, par l’intermédiaire de celle du saint de la « Vie » cornique de saint Piran, patron de Trézilidé. En Léon, la tradition qui en fait un saint irlandais, veut qu’il ait débarqué à Kerlouan. Il y aurait bâti un péniti (du breton penet ti : maison de prière), avant d’aller fonder un monastère à Guissény, où il serait mort. En Cornwall, on prétend qu’il aurait été enterré à Sithney, paroisse dont il est l’éponyme et le patron et qui est appelée Merthersitheny en 1230, du cornique « merther » « tombe de saint ».
DICTIONNAIRE des noms de COMMUNES trêves et paroisses des COTES D’ARMOR
(Bernard TANGUY)
TREZENY
La graphie en langue bretonne est Trezeni.
La paroisse de Tresizni, au diocèse de Tréguier, est citée dès 1330 dans
l’enquête faite pour la canonisation de Saint Yves. On trouve ensuite la forme Tresezny en 1437 (Arch. de la L.-Atl., B 2982) et en 1554 (Arch. des C._d’A., I G év. de Trég., rôle des décimes), puis Tresenny en 1596-1600 (même fonds) et enfin Trézény en 1731 (Etat des paroisses).
Cette paroisse a élu sa première municipalité au début de 1790. En 1825, la commune de Trézény a fait un échange de territoire avec celle de Rospez, lui cédant l’enclave de La Ville Blanche en contrepartie du village de Convenant-Briellec.
Les principaux monuments anciens de Trézény dont aucun n’a fait jusqu’ici, l’objet d’un classement ni d’une inscription, sont les suivants :
1) le château de Kermorvan (XVIII° s.), éponyme de la famille de Kermorvan. Il a appartenu ensuite à la famille de Kersaliou et a donné son nom à la famille Barazer de Kermorvan. Il appartient maintenant à la famille Bastiou ;
2) le moulin de Kermorvan, qui servit au teillage du lin jusqu’en 1942. Il cessa ensuite de tourner parce que la culture du lin fut alors abandonnée dans la région et que le coùt du transport jusqu’aux filatures du Nord était trop élevé. Aujourd’hui il sert de ferme ;
3) le manoir ou le château de Kernalégan(fin XVI° et XIX°s.) ;
4) la maison de Kerevern, où a été réemployée la cheminée d’une maison voisine ;
5) les maisons de Pratisac-Bian (XVIIIøs.) et de Pratisac-Vras ;
6) l’ancien presbytère (XVII°-XVIII°s.)
7) les écuries de la ferme de Kerangoff(1782), en médiocre état ;
8) la croix de Costang(v.XVI°s ;)
Voici les événements que l’on peut rappeler à propos de cette commune :
1) Trézény, qui faisait partie de la succursale de Lanmérin, fut uni, pour le culte, à Coatréven de 1817 à 1819 environ, mais sans ordonnance royale. Après celà, il fut rattaché à nouveau à Lanmérin.
2) par ordonnance royale du 30 Janvier 1839, fut érigée la paroisse de Trézény, aux dépens de celle de Lanmérin;
3) le 2 Mars 1913 fut bénie la première pierre de la nouvelle église de Saint Zény, église dont la bénédiction eut lieu le 21 Décembre 1913.
DICTIONNAIRE DES COMMUNES
(Conseil Général des Côtes d’Armor)
TREZENY
Canton de Tréguier
Arrondissement de Lannion
Superficie : 324ha
Population 1990 : 308 hab.
Origine du nom : de l’ancien breton treb, village, et de Saint Zény
HISTORIQUE
Petite commune rurale, Trézény est citée au procès de canonisation de saint Yves, ouvert en 1330. Elle élit sa première municipalité en 1790. Après avoir fait partie de la succursale de Lanmérin, Trézény est unie pour le culte à Coatréven de 1817 à 1819. En 1825, Trézény ‚change sa propriété épiscopale La Ville-Blanche, désormais rattachée à Rospez, contre le village de Convenant-Briellec. En 1839, cette commune devient une succursale à part entière aux dépens de Lanmérin. Depuis 1934, elle dépend à nouveau d’une autre paroisse, d’abord Lanmérin, puis Rospez.
CROIX DE COSTANG
XVIe siècle Granit Costang 22511006
Sur cette croix, est représenté, d’un côté le Christ en croix, de l’autre une vierge stylisée. Signe de reconnaissance et de gratitude d’un individu ou d’une communauté envers Dieu, la croix est aussi un repère pour les voyageurs, ou encore un symbole d’accords privés ou d’actes de justice.
MANOIR DE KERNALEGAN
Fin du XVI°-XIX° siècle Granit et Schiste Guernalegan 22511002
Ce manoir appartient à la famille de Loz, seigneurs de Kérillès de Kernalegan, dont deux membres sont avocats au parlement de Bretagne en 1779, avant d’être légué à la municipalité en 1885. A cour fermée, possédant à l’origine un colombier et une chapelle située à l’est, il est flanqué d’une tour sur sa façade arrière. Un souterrain existerait sous le manoir.
CHAUFFOIR
XVIII° siècle Granit Château de Kermorvan 22511001
L’actuel château succède à plusieurs autres constructions mentionn‚es depuis la fin du XVI° siècle. Les Kermorvan ont des prééminences dans l’église de Trézény, et moyenne justice à Tréguier. La famille de Kermorvan, ainsi que les familles de Kersaliou et Barazer qui lui succèdent dans le château possèdent leurs armoiries dans l’église paroissiale. Le chauffoir sert à maintenir les plats au chaud.
MOBILIER
XIX° siècle Bois Collection privée 22511010
Cet ensemble de mobilier est constitué d’un vaissellier, formé d’étagères à bords ajourés, protégées par des portes à claire-voie et d’un lit clos, mais également ici, d’une armoire et d’une horloge franc-comtoise. Ce dernier est, dans la région bretonne, généralement fermé par des rideaux. Devant le lit se trouve le bank-tossel, banc-coffre servant également à monter sur le lit. Quelquefois le mobilier est posé sur un plancher afin de le préserver de l’humidité.
FONTS BAPTISMAUX
XVI°-XVII° siècle Granit Eglise Saint-Zény 22511004
Les fonts baptismaux sont constitués d’une cuve surmontée d’un couvercle. Sur l’une des faces de la cuve, est sculpté un écu, privé aujourd’hui de sa polychromie, représentant les armes de la famille Kermorvan. Cette cuvette accompagne la cuve, car jusqu’au XVII° siècle, c’est au-dessus d’elle que le nouveau-né à baptiser est présenté, afin que l’eau bénite ne soit pas souillée. SAINTE HONOREE
XVII° siècle Bois polychrome Eglise Saint Zény 22511005
En Bretagne, près de huit cents saints, comme sainte Honorée, sont vénérés, souvent dans un périmètre restreint. Peu sont reconnus par l’autorité papale, même si la plupart sont honorés avant 993, date de la première canonisation papale.
CHEMINEE
Granit Kereven 22511007
Les cheminées sont nombreuses dans les manoirs : on les trouve dans les appartements privés du seigneur, dans la cuisine où sont installées fréquemment deux cheminées dont l’une est réservée à la cuisson du pain, et dans la salle d’apparat où la cheminée est souvent ornée des armoiries de la famille. Ici la cheminée est sculptée, sur chacun de ses montants, d’un masque représentant, d’un côté une femme, de l’autre un homme.
LE PATRIMOINE DES COMMUNES DES COTES D’ARMOR (Editions FLOHIC)
Saint ZENY ou SEZNI, Evêque
Né en Irlande d’Ernut et d’Uvingelle, il fut envoyé de bonne heure à l’école, avança beaucoup dans les lettres et encore plus dans la piété. Rentré chez ses parents, il résolut de quitter le monde et se retira dans une île.
A vingt-trois ans, il alla se perfectionner à Rome, dans la connaissance de l’Ecriture Sainte. Il devint ami de saint Patrice (Patrick) qui le présenta à saint Célestin I. Le souverain pontife le sacra aussi évêque, et l’associa à saint Patrice, pour la conversion de l’Hibernie (Irlande).
Saint Patrice donna quelques collaborateurs à saint Sezni, et le chargea d’évangéliser un canton de l’île. Dieu bénit les efforts de notre Saint qui bâtit une église, un monastère, et ordonna des prêtres pour l’aider à adminis¬trer les sacrements aux nombreux néophytes.
Sixte III, averti de ce grand succès, érigea le nouveau monastère en évêché pour Sezni. Le zélé prélat construisit un nouveau couvent, plus vaste que le premier : ce fut un séminaire, où il forma des sujets pour occuper les cures de son diocèse. Il prêchait d’exemple : douceur, patience, charité, zèle, bon emploi du temps, mortification jusqu’à éviter toute boisson enivrante et ne se couvrir que de peaux de bêtes ; telles étaient les vertus qu’il pratiquait sans cesse. Dieu honora le saint missionnaire du don des miracles, et lui donna la consolation de réconcilier deux princes qui allaient se livrer un combat meur¬trier.
Quand il eut confirmé les hibernois dans la doctrine chrétienne, il vint chercher le repos dans l’Armorique, avec soixante-dix de ses disciples, en 477, il bâtit pour lui et ses confrères un ermitage en Léon, dans la paroisse de
Kerlouan, au hâvre de Poulvhuen (Pouluhen). Saint Paul I, évêque du diocèse, en fit construire un autre nomm‚ Keraul, qui fut ruiné par les normands, en 878.
Sezni se rendit où se trouve l’église de Guic-Sezni (Guissény), y établit un monastère et y vécut en grande sainteté avec ses religieux. Il mourut en 529, dans un âge très avancé.
Vies des Bienheureux & des Saints de Bretagne par M. DE GARABY
LA VIE DE SAINT SEZNI
Evesque, Confesseur et Patron de la Paroisse de Guic-Sezni, en Leon, le 19 Septembre.
Du temps que le Pape saint Innocent, I du nom, tenoit le saint Siège Apostolique, & Arcadius & Honorius les resnes de l’Empire, regnant en Bretagne Armorique le Roy Grallon, l’an de grace 402, saint Sezni nasquit en l’Isle d’Yrlande ou Hibernie, en la Province que l’on appelle Ultonie(1), & en ce temps-là se nommoit Ostinct. Son pere s’apelloit Ernut, & sa mere Wingella ; laquelle, la nuit qu’elle le conceut, eut une vision qui sembloit pronostiquer, que le fruit qu’elle donneroit au monde serviroit de lumiere pour esclairer à plusieurs & les conduire au salut Eternel. Car s’estant couchée la face vers le Ciel, il luy fut avis qu’elle voyoit le firmament parsemé d’Estoiles, l’une desquelles, plus brillante que les autres, luy tomboit dans la bouche, & s’estoit colloquée dans son ventre. Estant né, il fut baptizé & nommé Sezni ; &, si-tost qu’il put distinctement parler, il fut envoyé à l’escolle, où il profita beaucoup és estudes des lettres, mais plus encore en vertu. Estant revenu chez ses parents, il se résolut de quitter le monde, & se retirer en une isle écartée de la coste, nommée alors Clarac, où il demeura jusques à l’âge de vingt-trois ans, que Dieu l’inspira d’aller à Rome pour se servir de lui en une bonne occasion.
(1) La province d’Ulster
II. Il arriva à Rome, l’an 425, sous l’Empire de Valentinian, & commença à frequenter les Escolles de l’Escriture Sainte, & contracta amitié avec saint Patrice, lequel, desja consacré Evesque & destiné pour aller convertir ce qui restoit de Payens en Hibernie, connoissant la sainteté & capacité de saint Sezni, le pr‚senta au Pape saint Celestin, I du nom, qui le consacra aussi Evesque, & le joignit … saint Patrice en cette conqueste spirituelle. Les deux saints, ayans receu la Benediction & Mission Apostolique, avec plusieurs belles Reliques & autres presens, passerent en la Grande Bretagne, & de là en l’Hybernie où saint Patrice, ayant est‚ bien receu, envoya saint Sezni en un canton de l’Isle, nommé pour lors Warrham, luy donnant quelques Prestres & Moynes pour l’assister et lui aider en sa Charge. Estant arrivé au Pays de son département, il se mit à prescher ces Insulaires de grande affection, &, dans peu de jours, en convertit si grand nombre, qu’ils edifierent une Eglise , &, auprès, des logemens en forme de Monastere, pour se loger, luy & les siens ; & se convertissoit, tous les jours, si grand nombre de Peuple, que pour luy ayder à les instruire, Catechiser, Baptiser & administrer les sacremens, il luy fallut consacrer encore des prestres. Sa Mission ayant si heureusement ressi, il en donna avis à saint Patrice & au Pape saint Sixte, III du nom, qui avoit succedé à saint Celestin, lequel erigea son Monastere en Evesché & voulut qu’il en fust le premier Evesque. L’Eglise de son Monastere ayant est‚ erigée en Cathedrale, il bastit un autre Monastere plus grand & spacieux que le précedant, où il receut un grand nombre de jeunes hommes, lesquels il instruisoit en la vertu, pour les pourvoir des Cures & Benefices de son Diocese, & les employer à la Predication & autres fonctions de sa Charge. Il estoit bien fond‚ en humilité, patient és adversitez, infatigable à la Predication & conversion des Ames, chaste, amateur de la pauvreté, austere en son vivre, benin à un chascun, assidu en l’Oraison & Contemplation, Preschant plus d’exemple que de parole ; il ne but jamais de vin ny autre boisson qui pust enyvrer, &, pour son habit, se contenta de peaux de bestes, sans user de lin, de laine, si non en ses Ornemens Pontificaux.
III. Dieu autorisa sa Mission & Predication par une infinité de miracles ; par l’operation desquels, il sceloit la verit‚ de sa doctrine. Les lampes de l’Eglise ayant est‚ éteintes, il recouvra du feu par ses prieres, & porta des charbons ardens en ses mains, sans se brusler. Le saint Hermite Rhodon l’estant venu visiter, un jour d’hyver qu’il faisoit grand froid, saint Sezni, l’ayant conduit à l’hospice, mit des fagots au fouyer, &, ne trouvant point de feu pour les allumer, il se mit en prieres & le feu s’alluma de soy-mesme. Estant prié de prendre sa refection chez un Seigneur, nomm‚ Gerran, il ressuscita un sien serviteur, qui avoist est‚ auparavant ‚trangl‚ par des Loups en la prochaine Forest. Il fut visiter le Prince de ce Pays qu’il avoit converty , & trouva la Princesse Onegia malade au lit, & tellement degoustée qu’elle ne pouvoit manger. Le Saint, après plusieurs bons propos, luy demandoit si elle desiroit quelque chose à son apetit ? La patiente respondit qu’elle eust bien mangé des meures : le Saint luy dit : « Madame, ne vous mettez pas en peine, je vous en trouveray ; » &, peu de temps après, il en obtint par ses prieres & les lui porta ; &, sitost qu’elle en eut mangé, elle fut guerie.
IV. Saint Patrice l’estant venu voir en son Monastere, le vin (qui est fort rare en cette Isle) ayant manqué, saint Sezni fit le signe de la croix sur les vaisseaux d’eau qui estaient en son Monastere, & l’eau fut convertie en vin, qui dura pendant les trois jours que saint Patrice fut en son Monastere. Il ressuscita sept hommes qui avoient est‚ tuez par des voleurs & leurs corps jettez dans un estang. Un pauvre homme ayant, par mesgarde, tué un beau cheval qui appartenoit à son maistre, fut, par son commandement, serré en prison, les fers aux pieds : saint Sezni alla trouver ce Seigneur & le supplia de vouloir eslargir ce pauvre prisonnier ; ce que ne voulant faire, il ressuscita le cheval & le luy rendit : & ainsi delivra le prisonnier. Deux Princes Hybernois, ayans quelques differens à vuider, ne se pouvant accorder, se resolurent à la guerre & assemblerent leur Arm‚es en intention de se battre : sint Sezni les fut trouver & les exhorta à la paix ; mais les voyant obstinez en leur resolution de combattre, il se retira, leur disant que, puisqu’il n’y pouvoit rien faire, Dieu y mettroit la main ; les deux Armées se mesurerent bien de veue, mais quand ce vint à joindre, jamais il ne leur fut possible, à cause d’une grosse poutre qui se mettoit entre eux deux, toutesfois & quantes qu’ils vouloient aller à la charge, de sorte qu’ayans veu ce miracle, ils s’accorderent, remercians Dieu & saint Sezni, qui avoit diverti un tel carnage.
V. Saint Sezni ayant confirmé les Hybernois en la Foy et Doctrine Chrestienne, desireux de vivre desormais en repos, fut inspiré de Dieu de passer la Mer, et aller en Bretagne Armorique, & y mener bon nombre de ses Religieux : ce qu’il fit ; s’embarquant avec soixante-dix de ses Disciples, & furent portez d’un bon vent, à la coste de Leon, en un Havre nommé Poulluhen, en la Paroisse de Kerlouan, où ils mirent pied à terre, l’an 477, la mesme année que les Francs ou François passerent le Rhein pour venir ès Gaules, sur la fin du regne de Hoël le Grand, Roy de Bretagne. Saint Sezni s’habitua près de ce port & y bastit un petit Hermitage pour soy & ses confreres, lequel s’y voit encore et s’apelle Peneti Sant Sezni. De là il vint au lieu où, à présent, est l’Eglise Parochiale de Guic-Sezni, y bastit un Monastere & y vescut en grande sainteté, avec ses Religieux, jusques à l’âge decrepit de cent vingt-sept ans, que Dieu l’appela à soy, l’an 527, au regret de tous les Leonnois. Son corps fut enseveli en sondit Monastere : sous le grand Autel, où on voit encore la cave de son Sepulchre. Dieu y fit tant de miracles par son intercession, après son decès, qu’une flotte d’Hybernois, ayant abord‚ au port de Poulluhen, ils enleverent son Corps & le porterent en son Evesché, d’où, à toutes peines, on a recouvert quelques Reliques, qui sont reveremment gardées en ladite Eglise de Guic-Sezni.
Cette Vie a esté par nous recueillie des anciens Legendaires MSS. desEglises Cathedrales de Leon et Collegiale de Nostre Dame du Folgouët, et d’un ancien Livre manuscrit gard‚ en l’Eglise Parochiale de Guic-Sezni, et de memoires MSS. de Noble et Discret Messire Yves le Grand, Chanoine de Leon ; les anciens Bresviaires de Leon et Cornouaille en font Office de neuf Leçons, le 19 Septembre ; toutesfois la Feste s’en fait le 6 Mars en la Paroisse de Guic-Sezni.
LES VIES DES SAINTS
DONT LES FESTES Escheent au mois de Septembre.
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